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Variétés de Deligne-Lusztig



Soit G un groupe algébrique réductif connexe sur une clôture algébrique ${{\overline{\Bbb F}}_q}$ d'un corps fini Fq, et soit F une isogénie sur G qui a un nombre fini de points fixes. Le groupe des points fixes GF est appelé un groupe fini de type de Lie, ou groupe réductif fini. Toutes les familles infinies de groupes finis simples sont obtenues par ce procédé (sauf la famille des groupes alternés, qui correspondrait au ``cas limite'' d'un corps à un élément).

Les variétés du titre on été introduites en 1976 pour construire les représentations complexes irréductibles des groupes GF. À chaque élément w du groupe de Weyl W de G on associe la variété Xw formée de tous les sous-groupes de Borel tels que le couple (B,F(B)) corresponde à la double classe de la décomposition de Bruhat paramétrée par w. La variété Xw est munie d'une action de GF, et à chaque caractère q des points rationnels d'un tore de type w est associé un ${{\overline{\hbox{\Bbb Q}}}_\ell}$-faisceau Lq sur la variété. La représentation de Deligne-Lusztig associée à w et q est la représentation obtenue sur la somme alternée H*c(Xw,Lq) des groupes de cohomologie l-adique à support compact du faisceau Lq, qui est une représentation complexe via l'isomorphisme ${{\overline{\hbox{\Bbb Q}}}_\ell}$ @ C. La cohomologie fournissant en fait des représentations sur et par réduction sur , ces variétés sont devenues aussi un outil pour l'étude des représentations en caractéristique finie non naturelle des groupes réductifs finis.

De plus, la cohomologie du faisceau particulier ${{\overline{\hbox{\Bbb Q}}}_\ell}$ correspondant au caractère q trivial semble être un invariant ``structurel'' des groupes réductifs finis, qui par plusieurs aspects se comporte comme indépendant de la caractéristique (les caractères de GF obtenus dans ce cas particulier sont les caractères unipotents).

Un premier résultat obtenu par des membres de l'équipe est la détermination de l'action de F (en fait de sa plus petite puissance qui devienne un Frobenius déployé) sur H*c(Xw, ${{\overline{\hbox{\Bbb Q}}}_\ell}$ ) (``Shintani descent identities'', obtenues dans les thèses de Digne et Michel).

Le GF-module virtuel H*c(Xw, ${{\overline{\hbox{\Bbb Q}}}_\ell}$ ) ne dépend que de la classe de conjugaison de w (si G est déployé; plus généralement, il ne dépend que de la classe de F-conjugaison de w), mais les groupes de cohomologie individuels dépendent de l'élément particulier w (ce qui est attendu, puisque par exemple la dimension de la variété est la longueur de w).

Les travaux de Broué, Malle, Michel inspirés par les conjectures de Broué sur les équivalences dérivées entre l-blocs à groupes de défaut abélien ont amené à conjecturer que pour certains éléments w bien choisis le complexe qui donne lieu à la cohomologie a des propriétés remarquables: à un nombre premier l, on associe un polynôme cyclotomique Fd(q), diviseur de l'ordre de GF, que l divise. À ce polynôme cyclotomique on associe une classe d'éléments réguliers (au sens de Springer) d'ordre d de W. Alors, il doit exister un élément particulier w de cette classe tel que les groupes Hic(Xw, ${{\overline{\hbox{\Bbb Q}}}_\ell}$ ) soient disjoints en tant que GF-modules, et tel que l'algèbre commutante EndGF(Åi Hci(Xw, ${{\overline{\hbox{\Bbb Q}}}_\ell}$ )) soit une ``algèbre de Hecke Fd-cyclotomique''.

Broué et Michel ont montré comment choisir un tel élément w: il faut définir une variété de Deligne-Lusztig plus généralement associée à un élément du monoïde des tresses (ce qui est possible par une ``propriété universelle'' de ce monoïde, démontrée en 1997 par Deligne). Alors la ``bonne'' variété est associée à une ``racine d-ième'' w d'un élément canonique p du centre de ce monoïde (si l'on suppose W irréductible, ce centre est cyclique et p en est le générateur) - plus exactement un élément w du monoïde qui vérifie l'égalité (wF)d = pFd.

Le programme de recherches est immense, car on connaît a présent très peu de cas où ces conjectures sont ne serait-ce que partiellement démontrées. Comme directions de recherche on peut citer:

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Étude générale des cohomologies des variétés Xw, et de leurs endomorphismes (Digne, Michel, Rouquier; ils ont en particulier construit une action des ``groupes de tresses cyclotomiques'' - groupes de tresses associé au groupe de réflexions complexes CW(w)- sur les variétés Xw).
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Calcul d'exemples explicites (Michel, dans le cadre du projet CHEVIE).
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Étude des groupes de tresses cyclotomiques (Bessis, Broué, Malle, Rouquier).
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Construction d'analogues formels des caractères unipotents pour des groupes de Coxeter non rationnels ou des groupes de réflexions complexes (Broué, Malle, Michel).


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