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La théorie des représentations modulaires de groupes finis étudie les rapports entre les représentations d'un groupe fini G en caractéristique zéro et en caractéristique non nulle p, ses incidences pour la structure de G et d'autres domaines mathématiques, tels que la topologie algébrique (la cohomologie de G est aussi celle de son espace classifiant BG) et la géometrie algébrique (à tout module de G sur un corps algébriquement clos de caractéristique p on sait associer des variétés). La
Théorie des blocs de groupes finis,
initiée par R. Brauer dans les années 30,
développe les fondations abstraites
pour étudier la structure de l'algèbre OG du groupe fini G sur un
anneau O de valuation discrète complet ayant un corps résiduel k
de caractéristique p et un corps de fractions K de caractéristique
nulle. Chaque facteur direct indécomposable de OG en tant qu'algèbre
est appelé un bloc de OG. Un tel bloc est lui-même une
O-algèbre; outre sa catégorie de modules on peut lui associer sa
structure p-locale, analogue à la structure p-locale du
groupe fini G. En particulier, chaque bloc de OG détermine une
classe de conjugaison de p-sous-groupes, les groupes de défaut du
bloc en question, qui sont au bloc ce que sont les p-sous-groupes de Sylow au groupe.
On cherche à classifier les blocs de groupes finis en termes de ces invariants.
Cohomologie et topologie algébrique. La conjecture de Segal, prouvée
par G. Carlsson dans les années 80, décrit les morphismes entre les
espaces classifiants de groupes finis, vus commes objet de la catégorie
homotopique stable appropriée. Cette déscription a été utilisée
par G. Mislin pour montrer que la restriction de G à un sous-groupe H
de G induit un isomorphisme des anneaux de cohomologie modulo p si et seulement
si G et H ont la même structure p-locale. D'une part, on cherche à savoir
si les grands moyens de la topologie algébrique sont effectivement indispensables
pour démontrer ce théorème, et d'autre part, on cherche une généralisation
de ce théorème pour les blocs de groupes finis - généralisation qui
nécessite tout d'abord un travail d'adaptation aux blocs des invariants
cohomologiques usuels associés aux groupes finis.
Cohomologie et variétés. Les variétés associés aux
kG-modules, définies par J.F. Carlson, sont des invariants
cohomologiques permettant d'obtenir de l'information sur la catégorie de
kG-modules. On peut développer une version des variétés cohomologiques
relatives aux blocs de kG qui sont alors invariant par toutes les
équivalences stables ou dérivées entre blocs de groupes finis
préservant la structure p-locale de ces blocs.
Le but est de trouver des méthodes qui permettraient de reconstituer
les possibles structures de blocs à partir de leurs catégories stables
(les catégories quotient des catégories de modules obtenues en identifiant
tout module projectif à zéro).