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On trouve d'une manière naturelle les algèbres de Hecke dans la théorie des représentations, en tant qu'algèbres d'endomorphismes de certaines représentations induites. C'est Iwahori qui a découvert qu'une telle algèbre de Hecke a une structure particulièrement favorable quand on considère le module de permutations d'un groupe réductif fini G sur les classes d'un sous-groupe de Borel. Dans ce cas-là, l'algèbre de Hecke peut être décrite comme une ``déformation'' de l'algèbre du groupe de Weyl W de G, où la déformation dépend de q (l'ordre du corps fini sur lequel G est défini) en tant que paramètre, de telle sorte que, si on pose formellent q = 1, on obtient juste l'algèbre de groupe W.
Bourbaki a démontré que, étant donné un groupe de Coxeter W (fini ou infini), on peut définir une algèbre de Iwahori-Hecke correspondante par une présentation similaire à celle donnée par Iwahori, et où les relations dépendent d'un ou de plusieurs paramètres. Notre but est d'essayer de comprendre la structure et les représentations de ces algèbres-là, non seulement d'un point de vue abstrait mais aussi en relation avec les représentations des groupes réductifs finis.
Afin d'être plus précis, consideérons ici seulement le cas oû W est un groupe de Coxeter fini.
Nous avons une première division suivant que H est semi-simple ou pas. En gros, H n'est pas semi-simple si les paramètres satisfont à des relations ``cyclotomiques''. Si ce n'est pas le cas, H est semi-simple et, par le théorème de déformation de Tits, il existe un isomorphisme entre H et l'algèbre du groupe W. Ce dernier cas, qu'on appelle aussi le cas ``générique'', est relativement bien compris. Par exemple, les tables de caractères de ces algèbres (definies en général par Geck-Pfeiffer) ont été déterminées pour tous les types, par Kilmoyer-Solomon (type I2(m)), Starkey, Ram, Pfeiffer (type An), Alvis, Lusztig (types H3, H4), Geck (types F4,E6,E7), Halverson-Ram, Pfeiffer (types Bn, Dn) et Geck-Michel (type E8). Ces tables sont des versions ``génériques'' des tables de caractères des groupes de Coxeter finis, qui sont bien connues. La situation dans le cas où H n'est pas semi-simple est loin d'être comprise.
Nous sommes particulièrement interessés par les aspects suivants de la recherche actuelle.