Laurent GRUSON : Théorie de l'intersection
La géométrie énumérative est la branche de la géométrie
algébrique où l'on étudie le nombre de points d'une variété
projective, vérifiant des conditions imposées, en nombre égal
à la dimension de la variété (ex. il y a 5 droites de
rencontrant 6 plans donnés ``en position générale''). C'est
(au 19e siècle) une des origines de la théorie de l'anneau de
cohomologie d'une variété différentiable compacte.
Le livre ``Intersection theory'' de Fulton ([1]), auquel ce cours veut
introduire, montre comment fonder la géométrie énumérative,
avec une précision optimale, sans sortir du cadre de la géométrie
algébrique. Il n'y a pas de dualité de Poincaré : on doit
définir séparément les groupes de Chow Ak (X) d'une
variété X (classes d'équivalences linéaires de ``cycles'' de
X), tenant lieu d'homologie, et l'anneau
,
tenant
lieu de cohomologie, qui opère sur
.
C'est dans
cet anneau qu'on peut définir les classes de Chern d'un fibré
vectoriel ; plus généralement on associe, à un ``complexe
parfait'' sur X ayant son support dans une sous-variété Y, une
opération de A. (X) dans A. (Y). On est alors en mesure
d'aborder quelques développements très connus : cohomologie des
variétés de drapeaux, formule de Porteous, formule du lieu
double, formule d'intersection excedentaire, théorème de
Riemann-Roch-Grothendieck.
Éric LEICHTNAM : Théorème de l'indice de Atiyah-Singer
Le but de ce cours est d'introduire en insistant sur
des exemples les concepts permettant de prouver le Théorème.
Quelques
résultats récents pourront, si le temps le permet, être abordés.
Ce
cours sera accessible aux étudiants ayant un peu de familiarité
avec les notions de base de la géométrie différentielle. Une
bibliographie
commentée sera distribuée au début du cours.
Plan du cours :
Fibrés principaux et espaces fibrés vectoriels associés.
Classes caractéristiques. Algèbres de Clifford. Structures
Spinorielles et Spinc.
Opérateurs de Dirac. Équation de la chaleur, théorème de l'Indice
d'Atiyah-Singer et applications.
Si le temps le permet et suivant les motivations de l'auditoire, l'un
des thèmes suivants pourra être abordé avec quelque développement
récent.
1] Théorème de l'Indice d'Atiyah-Patodi-Singer pour les variétés à bord.
2] Introduction à la cohomologie cyclique et aux théorèmes d'indices algébriques de Nest-Tsygan.
Jean-Jacques RISLER : Méthodes de construction de courbes algébriques réelles
Plan :
Michel WALDSCHMIDT : Un cours sur les nombres transcendants
Le but de ce cours est de présenter les bases de la théorie des nombres
transcendants, et de développer quelques uns des résultats récents
les plus frappants.
Les principaux outils sont de nature :
Référence :
Fel'dman, Naum I.; Nesterenko, Yuri V. -
Number theory. IV. Transcendental Numbers.
Encyclopaedia of Mathematical Sciences, 44. Springer-Verlag, Berlin,
1998.
iii+345 pp.
Les deux cours suivants auront lieu au Centre Émile
Borel
(début vers le 15 janvier 1999)
Youri NESTERENKO : Indépendance algébrique de valeurs de fonctions analytiques
Les principaux résultats de ce cours
concernent des minorations du degré de transcendance sur
des corps
engendrés par des valeurs de formes modulaires. On démontrera en
particulier que pour tout entier
, les nombres
et
sont algébriquement indépendants.
Bibliographie :
Christophe SOULÉ : Intersection arithmétique
La ``géométrie d'Arakelov'' permet de donner une définition
précise de la hauteur des variétés projectives.
La plupart des notions et résultats de la géométrie
algébrique classique y trouvent un analogue arithmétique.
Le cours est une introduction à cette théorie
en plein développement.
Les sujets abordés seront les suivants :
Bibliographie :
Benjamin ENRIQUEZ : Groupes quantiques en genre
Ce cours fait suite au cours de A. Joseph sur les groupes quantiques
du premier semestre.
Le but du cours est de présenter une construction de quasi-algèbres de Hopf associées à ainsi que (éventuellement) deux types d'applications : les réalisations des groupes quantiques elliptiques et la construction de familles commutatives d'opérateurs aux différences.
Les quasi-algèbres de Hopf sont des objets généralisant les
groupes quantiques, qui ont été introduits par Drinfeld dans
[1]. Dans la définition de ces objets, on affaiblit
notamment l'axiome de coassociativité du coproduit. Nous
présenterons la construction de [5] de quasi-algèbres de
Hopf
associées à la donnée
d'une courbe algébrique X et d'une différentielle
rationnelle
sur X. Ces algèbres généralisent les
Yangiens et les algèbres quantiques affines, qui sont associées a
et
ou dz/z.
Cette construction repose sur celle d'algèbres de lacets quantiques
associées à
,
dans l'esprit des ``nouvelles
réalisations'' de Drinfeld ([2,4]).
Une application de cette construction est le cas ou X est une courbe
elliptique et
.
Dans ce cas, on peut donner a
une structure de groupe quantique dynamique
- c'est à dire construire une famille de coproduits, indexés par
l'algèbre de Cartan et satisfaisant une variante de l'axiome de
coassociativité ([3]). Ces structures ont été introduites
par Felder dans [7] en lien avec des modèles de physique
statistique. On peut d'ailleurs établir un morphisme entre
et les algèbres de [7].
Une autre application est la construction d'une famille commutative
d'opérateurs aux différences associée à
.
Ces opérateurs sont obtenus par
l'action d'éléments de de
,
centraux au
niveau critique, sur des fonctions de corrélation de champs
associés à
.
On peut les voir comme les
analogues en genre
des opérateurs du système XXZ. La
représentation de blocs conformes par des fonctions de corrélation
est une idée introduite dans [6].
Références :